Exposition temporaire Calder – Picasso : quand deux artistes explorent le vide

Jusqu’au 25 août, je vous invite à aller découvrir l’une des meilleures expositions temporaires de cet été : celle consacrée au parallèle entre Alexander Calder et Pablo Picasso dans le Musée National Picasso, rue de Thorigny dans le Marais de Paris.

Pour la première fois, Alexander Calder (1898 – 1976) et Pablo Picasso (1881 – 1973) sont présentés ensemble pour montrer leurs approches similaires concernant l’exploration du vide, ou comment peindre en trois dimensions. Cette exposition a débuté courant février et est sans aucun doute, l’exposition temporaire phare de cet été 2019. Photos de l’exposition à l’appui, découvrez dans un premier temps qui était Calder et l’origine de ses œuvres, avant de plonger dans un univers artistique non seulement novateur pour l’époque, mais encore par rapport à aujourd’hui. En tout, près de 120 œuvres racontent comment ces deux génies ont cherché à remplir le vide ou selon la vision de chacun, exploré le vide.

« Quand on part d’un portrait et qu’on cherche par des éliminations successives à trouver la forme la plus pure, le volume net et sans accident, on aboutit fatalement à l’œuf. De même en partant de l’œuf on peut arriver en suivant le chemin et le but opposés, au portrait. Mais l’art, je crois, échappe à cet acheminement trop simpliste qui consiste à aller d’un extrême à l’autre. Il faut pouvoir s’arrêter à temps. » Pablo Picasso (1932)

Alexander Calder – L’homme au fil de fer

Américain de naissance et issu d’une riche famille d’artistes, la mère d’Alexander Calder était peintre et son père sculpteur. Diplômé en ingénierie mécanique, il se consacre dès la sortie de ses études à l’art avant d’arriver à Paris en 1926. Passionné de cirque, il compose un ensemble de 200 figurines en fils de fer tordus, afin de créer son propre cirque Calder. Ces marionnettes d’acier sont alors mises en mouvement par l’artiste lui-même, où il joue de rôle de chef d’orchestre pendant près de 2h. Ce spectacle, facilement transportable, lui permet de voyager dans le monde, pour différentes représentations.

À partir de 1930, fort de ses nouvelles relations avec les artistes avant-gardistes parisiens de l’époque comme Joan Miro, Jean Cocteau, Le Corbusier et surtout Piet Mondrian (reconnu comme l’un des pionniers de l’abstraction), Calder continue de « dessiner dans l’espace » grâce à ses fils de fer, mais à partir de là, dans un style purement abstrait. Le résultat est à découvrir, dans la suite de cet article, ou au Musée Picasso.

« Chaque élément pouvant bouger, remuer, osciller, aller et venir dans ses relations avec les autres éléments de son univers. Que ce soit, non seulement un instant « momentané », mais une loi physique de variation entre les événements de la vie. Pas d’extractions, des abstractions, des abstractions qui ne ressemblent à rien de la vie, sauf par leur manière de réagirAlexander Calder (1932).

Cette citation empruntée à Calder et écrite sur les murs de l’exposition temporaire explique la source de l’abstraction qui le motiva et le guida dans ses œuvres.

Tout de suite, la visite plonge le visiteur dans un univers singulier qu‘on ne peut en général retrouver qu’au Musée d’Orsay.

Les œuvres suspendues

« Les ombres de ces petites constructions linéaires tracent une sorte de dessin sur le mur blanc à la manière de Picasso ». Cette citation de Pierre Berthelot écrite en 1931, fait référence aux quatre statues suspendues, présentées dès la troisième salle de l’exposition. On y découvre tout le génie de l’artiste. Les œuvres semblent en lévitation, tenues par un seul fil, et pourtant, elles sont en équilibre.

« Que ce fil s’incurve mal, qu’il s’accroche à mauvais escient et c’en sera fini de toute sculpture : nous auront devant les yeux la figuration métallique d’un dessin dans l’espace, nous n’aurons pas une masse bien évoquée. » précise Edouard Ramon en 1929.

Ces quatre statues méritent qu’on s’y attarde. Elles représentent Joséphine Baker, chanteuse, danseuse, actrice américaine naturalisée française d’origine métissée afro-américaine et amérindienne, souvent considérée comme la première célébrité noire. Ces dessins dans l’espace diffusent leur énergie à-travers la délicate vibration des lignes de fil de fer.


Alexander Calder représente ici Joséphine Baker et un danseur alors suspendues à un fil. Leur mouvement reste perceptible selon qu'on se tienne face à l'oeuvre où sur les côtés.

Alexander Calder - Joséphine Baker, célèbre danseuse afro-américaine représentée avec des fils de fer pendant l'exposition temporaire Calder-Picasso au Muséee National Picasso.

Les œuvres en suspension

« Bien que la légèreté d’un solide ou d’une surface percée ou striée soit extrêmement intéressante, l’absence de poids de noyaux déployés l’est bien plus encore. Je dis noyaux, car pour moi, que j’utilise une sphère ou toute autre forme dans ces constructions, ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un corps de cette taille, forme ou couleur. Cela peut aussi bien être un système de corps plus infime, une situation atmosphérique, ou même un vide. En d’autres termes, l’idée que l’on peut composer toute chose à partir de ce que l’on peut concevoir. » Alexander Calder en 1943.

À partir des années 1930, Alexander Calder explore l’idée de peinture bidimensionnelle en mouvement. Red Panel en est un exemple, particulièrement représentatif. Sur un fond rouge, deux formes particulières (une jaune et l’autre noire) sont en suspension. Leurs mouvements forment une chorégraphie qui vu de face, donne à cette œuvre une infinité de structures. 


Red Panel d'Alexander Calder est une oeuvre changeante et en suspension.


Oeuvre d'Alexander Calder présentée lors de l'exposition temporaire au Musée Picasso.

Les taureaux de Picasso

Certainement l’œuvre la plus discrète, mais également la plus impressionnante de Picasso, exposée pendant cette exposition temporaire : le Taureau. C’est l’imprimeur et lithographe qui travailla près de cinquante ans avec Picasso mais aussi Matisse, Chagall et Miro qui en parle le mieux.

« À chaque fois, il simplifie le dessin qui devient de plus en plus géométrique avec des aplats noirs. Pour arriver à son taureau d’une seule ligné, il a fallu qu’il passe par tous les taureaux précédents. Et quand on voit son onzième taureau on ne peut s’imaginer le travail qu’il lui a demandé. » Fernand Mourlot.

En effet, parti d’un taureau abstrait fait de quelques traits, l’artiste arrive à la neuvième représentation à un dessin classique. Au dessin suivant, le taureau semble alors découpé selon plus lignes, pour enfin être de nouveau abstrait lors de la dernière esquisse. Cet ensemble montre tout l’acheminement du travail artistique de Picasso.


Premier taureau dessiné par Picasso et présenté lors de l'expositon temporire Calder-Picasso au Musée Picasso jusqu'au 25 août.


Ce taureau est le quatrième de la série. L'artiste a apporté au cours des deux précédents taureaux de nouveaux axes de représentations.


Ce huitième taureau de la série est l'aboutissement de la réflexion de Picasso pour le représenter fidèlement. La magie opère esuite.


Ce onzième et dernier taureau de la série est l'aboutissement de la représentation abstraite que Picasso réalise.

Pourquoi il faut aller voir cette exposition

Cette exposition temporaire est celle de l’été 2019, immanquable pour ne pas avoir de regrets. Une véritable surprise tant Calder semble avoir inspiré l’un des plus grands artistes contemporains de son époque. On plonge ainsi dans un univers en trois dimensions où les sculptures sont réinventées et se fondent dans un univers abstrait absolument fantastique.

De plus, niché au cœur du Marais, le musée national Picasso se visite lors des parcours guidés de ce quartier si éclectique de Paris.

Le musée Picasso

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François-Baptiste

François-Baptiste

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Site de l'expositioncliquer ici
Adresse5 rue de Thorigny, 75003 Paris
AccésMétro 1 Saint Paul
Métro 8 Chemin Vert
Horaires d'ouverturesLundi : fermé
Du Mardi au Vendredi : 10h30 – 18h
Samedi-dimanche et jours fériés : 9h30 – 18h
Tarifs d'entréeTarif plein : 12,50 €
Tarif réduit : 11 €
Gratuit : personnes en situation de handicap et un accompagnateur, demandeurs d’emploi, allocataires de minima sociaux; -18 ans, -26 ans ressortissants de l’UE, enseignants, pour tous le 1er dimanche de chaque mois.