Visiter la galerie des impressionnistes du Musée d’Orsay

Au musée d’Orsay, découvrez ce mouvement pictural qui marqua une rupture entre l’art moderne et la peinture académique.


Claude Monet - Essai de figure en plein-air vers la droite (1886)


Claude Monet - Essai de figure en plein-air vers la gauche (1886)

C’est dans cette ancienne gare parisienne réaménagée en musée, que se trouve la plus belle collection de tableaux du mouvement impressionnistes de Paris, et peut être même au monde. Le musée d’Orsay, est le sixième site touristique le plus visité de la capitale, derrière les musées du Louvre et du Centre Pompidou.

Dans cet article, je vais vous présenter l’intérêt tant culturel qu’historique de venir admirer au dernier étage, la collection des impressionnistes du musée d’Orsay. Une galerie riche qui abrite notamment Le Déjeuner sur l’herbe de Manet, les Baigneurs de Paul Cézanne et le Bal du Moulin de la Galette de Renoir. Des œuvres qui ont marqué leur époque par bien des aspects que je vais vous dévoiler.

Tout au long de votre lecture, retrouvez en images les tableaux dont je vous parle, et si vous voulez en voir encore davantage, je vous donne rendez-vous sur la page Pinterest de Keewego pour découvrir le reste des peintures.

La genèse du mouvement impressionniste

L’Académie royale de peinture et de sculpture était, de 1648 à 1793, en charge de réguler et d’enseigner la peinture et la sculpture en France. Il y était enseigné notamment le dessin avec pour modèles la sculpture antique, alors idéal de beauté. La couleur également n’était pas la bienvenue, considérée comme un accident de la lumière qui déstructurait le modèle.

À l’époque, les codes de la peinture sont donc assez stricts : les œuvres doivent être des descriptions du réel. Privées de couleurs, elles sont sombres et la nudité des corps n’est réservé que pour les scènes bibliques et mythologiques.

Mais alors qu’est-ce qui provoqua l’avènement de l’impressionnisme ?

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer la rupture naissante avec les anciens codes de la peinture. Premièrement, de plus en plus d’artistes commencent à remettre en cause la représentation fidèle de la réalité. Deuxièmement, une révolution technique se développe : les tubes de peintures souples. Cette nouvelle technologie permet aux artistes de sortir de leurs ateliers pour saisir la lumière, et représenter des scènes extérieures sous de nouveaux angles de vue. Ils peignent alors sur place, et ne font plus d’esquisses de paysages qu’ils assembleront plus tard en atelier.

De plus en plus d’artistes décident alors de s’émanciper des anciens codes, et cherchent à explorer de nouveaux sujets. En extérieur, leur vision change, évolue et leur peinture aussi. Ils perdent peu à peu l’envie de représenter le réel pour représenter leur impression du réel.

Cette différence permet à chacun d’exprimer ses émotions, son ressenti, de définir sa vision : une nouvelle émancipation artistique naît peu à peu. On peint de moins en moins les grandes batailles, et autres sujets traditionnels. On peint désormais des paysages, des scènes de vie et les modèles sont des paysans, des passants, les femmes des artistes etc… Les jeux de lumières aussi créent de nouvelles perspectives, et permettent de représenter des effets de mouvements nouveaux.

Des critiques, il y en a eu. Face à tant de nouveautés, les regards n’acceptaient pas ces œuvres qui brisaient les codes. Les peintures qui annonçaient l’arrivée du mouvement impressionniste étaient alors bannies des Salons de Paris, ancienne manifestation artistique incontournable. Pour faire face, un nouveau salon est créé, celui dit des « Refusés », sur demande de Napoléon III en 1863. Claude Monet, Pierre Auguste Renoir, Alfred Sisley, Frédéric Bazille, Camille Pissarro, Paul Cézanne et Armand Guillaumin eurent du succès, certes, mais la foule s’y déplaçait davantage pour se moquer des œuvres exposées que pour la qualité des peintures.

Les autres salons des refusés eurent lieux en 1864, 1873, 1875 et 1886. Leur irrégularité et lente disparition sont attribuées au fait que plus de personnes venaient visiter ce salon que l’officiel. Faire de l’ombre aux anciennes traditions de l’Académie Royale ? Mauvaise idée.

C’est au cours de l’été 1869 que la technique de la peinture impressionniste est inventée par Renoir, et Monet avec respectivement, la Grenouillère exposée à Stockholm, et Bain à la Grenouillère exposée à New-York : deux œuvres représentant la même scène depuis le même point de vue. Ce qui marque alors c’est l’absence de traits biens définis et de visages nets. On devine seulement des personnages, ce qu’ils portent et ce qu’ils sont en train de faire ;  c’est également la possibilité pour chacun d’imaginer la scène selon son regard et son esprit créatif.

Il faudra attendre quelques années avant que le terme « Impressionniste » ne soit utilisé pour la première fois par Louis Leroy, peintre et critique d’art, dans la revue le Charivari devant le tableau de Monet Impression, Soleil Levant qu’il tourne en dérision. Par la suite, le terme est repris positivement par les artistes, et les nouveaux admirateurs de ce mouvement naissant.

Impression, Soleil Levant n’est pas exposée au Musée d’Orsay, mais au musée Marmottant-Monet à Paris.

Les œuvres impressionnistes du Musée d’Orsay

Avec la plus importante collection de peintures impressionnistes et post-impressionnistes au monde, le musée d’Orsay totalise environ 1 100 toiles.

Edouard Manet

Deux toiles attirent inexorablement le regard lorsque l’on parcourt la galerie : Le Déjeuner sur l’herbe et Olympia. La première, présentée en 1863 au Salon des Refusés provoque un scandale immédiat. Au milieu d’hommes en costume moderne se tient une femme nue, qui n’est pas une déesse antique, portant son regard sur le spectateur. L’œuvre marqua également un tournant pour l’avènement de la peinture moderne pour ses contrastes saisissants, et son mépris des règles de la perspective.

Habitué au scandale, Manet récidiva deux ans plus tard avec Olympia en 1865. Il y reprend le même modèle féminin que précédemment, nue et dont le regard provocateur est toujours porté vers le spectateur. Allongée cette fois, elle représente Vénus accompagnée par une servante noire qui lui présente un bouquet de fleurs devant un fond vert. À nouveau, l’idée de perspective est réduite à un plan simple. Novateur et disruptif.


Édouard Manet - Le Déjeuner sur l'herbe (1863)


Edouard Manet - Olympia (1865)

Paul Cézanne

Les Baigneurs représente un groupe de quatre personnes au bord d’une rivière en été, inspiré par sa propre jeunesse. Son ambition autour de cette peinture est de réussir la fusion entre la figure humaine et le paysage, grâce à une touche irrégulière entre les baigneurs et le décor environnant.

Les Joueurs de cartes, également présente,  a fait l’objet de plusieurs versions de la part de Paul Cézanne. À l’origine, l’œuvre comptait plusieurs protagonistes, peu à peu disparus pour faire place à un face à face entre deux hommes dont le caractère évoque une nature morte. Pour ce tableau, rien n’est laissé au hasard, que ce soit dans le décor sombre afin de créer une ambiance intimiste, ou aux détails permettant de reconnaître le lieu de la scène.


Paul Céazanne - Baigneurs (1890)


Paul Cézanne - Les joueurs de cartes (1896)

Claude Monet

Pour Monet, la répétition du sujet importait moins que son évolution au cours des heures. Lui qui pouvait peindre plusieurs tableaux à la suite, en profitait pour saisir et représenter la mouvance de la lumière.

L’auteur de la série des nymphes, dont la plupart sont exposées au musée de l’Orangerie, voit son œuvre largement représentée au sein de la galerie des impressionnistes du Musée d’Orsay. Son style est reconnaissable par ses couleurs simples, et son touché délicat. Celui qui désirait saisir le réel dans « la mobilité de ses lumières changeantes » ébahi le spectateur, et le transporte dans ses tableaux. On rêve devant ces sujets, on s’imagine dans ses œuvres, que ce soit devant les représentations de Giverny, sa série de peupliers, la plage d’Étretat, les vues sur Argenteuil ou enfin la Gare Saint-Lazare.


Claude Monet - Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte (1899)


Claude Monet - Le Jardin de l'artiste à Giverny (1900)

Pierre-Auguste Renoir

Le Bal du Moulin de la Galette est certainement l’un des tableaux les plus célèbres de Pierre-Auguste Renoir, et qui est largement associée à la renommée de Montmartre. Dans cette œuvre iconique, il y évoque la fameuse guinguette installée au pied d’un des derniers moulins encore en fonctionnement de Montmartre, lui, l’ancien habitant du quartier. 

Au sein de la foule, on voit des ouvriers ainsi que des amis de l’artiste, tous mêlés les uns aux autres, unis par le jeu des ombres et des tâches de lumière.

Par sa taille et le nombre de personnages, c’est l’un des tableaux les plus ambitieux de l’artiste. Aucun élément de l’œuvre ne présente de contour dessiné. Associé à des touches de couleurs brossées énergiquement, l’ensemble provoque une sensation de mouvement, de vie.

Il reprend avec cette peinture, les codes de l’impressionnisme. Comme dans l’autre oeuvre majeure exposée parmi les œuvres impressionnistes du musée d’Orsay, La Mosquée.


Pierre-Auguste Renoir - Bal du moulin de la Galette (1876)


Pierre-Auguste Renoir - La Mosquée (1881)

Camille Pissarro

Les œuvres de Pissarro traduisent la rêverie de l’artiste. S’il est moins connu que ses autres illustres voisins impressionnistes du musée d’Orsay, c’est pour le choix de ses sujets. Vous remarquerez d’ailleurs que ces-derniers se confondent avec l’arrière-plan. C’est le cas de la Bergère pour laquelle le critique Louis Morel déclarait « Celle-là rêve, une branche morte à la main ».

Que ce soit pour le Jardin potager à l’Hermitage, ou Femme dans un clos, la composition générale de ses œuvres dissimule des personnages de la vie de tous les jours, au milieu de couleurs vivantes et expressives.

Ce sont probablement les œuvres devant lesquelles il est le plus possible de s’évader.


Camille Pissarro -La Bergère (1881)


Camille Pissarro - Femme dans un clos (1887)

Les autres artistes exposés

De nombreux autres artistes sont exposés, dans cette riche galerie. Parmi eux, retrouvez des œuvres d’Alfred Sisley avec le Repos au bord du ruisseau ou Passerelle d’Argenteuil, Paul Signac et les Femmes au puit ou encore Edgar Degas avec les Danseuses bleues et le Champ de courses.


Alfred Sisley - Passerelle d'Argenteuil (1872)


Alfred Sisley - Le Repos au bord du ruisseau (1878)


Paul Signac - Femmes au puits (1892)


Edgar Degas - Danseuses bleues (1893)

Le musée d'Orsay

Lundi : fermé
Tous les jours* : 9h30 – 18h

*Nocturne tous les Jeudi jusqu’à 21h45

Plein Tarif : 12 €
Tarif Réduit* : 9 €
Gratuit : pour tous le premier dimanche du mois, -18 ans, 18-25 ans ressortissants de l’UE, visiteurs handicapés avec un accompagnateur, demandeurs d’emploi.

*: 18-25 ans non ressortissants de l’UE, pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi), pour tous le jeudi en nocturne à partir de 18h.

Adresse

1 rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris

Métro

Métro 12 Solférino
RER C Musée d’Orsay

Bus

Lignes 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

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François-Baptiste

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Voyager est une passion. Déambuler et découvrir les lieux au gré des envies mais aussi rencontrer de nouvelles personnes sont les principales raisons de la création de keewego.com.

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