Que Faire à Paris - Visiter le Cimetière du Père Lachaise

Vous allez comprendre pourquoi il est le cimetière le plus visité au monde.

Cimetière du Père Lachaise croisement avenue de la Chapelle chemin Mont-Louis

Mais que viennent faire trois millions et demi de visiteurs chaque année au cimetière du Père Lachaise ? C’est la question que je me suis posé avant de venir le visiter pour la première fois.

Les 4 000 arbres de cet immense musée à ciel ouvert s’entremêlent aux 70 000 tombes, pour y créer une atmosphère enchanteresse. À la fois lugubre et enchanteur, on sent flotter dans l’air un parfum de poésie. L’art y est omniprésent, comme pour mieux rendre hommage à toutes les personnalités qui y sont enterrées. Toujours en activité, des cérémonies funéraires y ont lieu tous les jours.

Mais visiter le cimetière du Père Lachaise revient à quitter Paris en quelque sorte. La ville semble loin, et seules les déambulations autour des nombreuses surprises architecturales importent.

L’histoire du cimetière du Père Lachaise

L’histoire de ce cimetière bâti sur le Mont-Louis reflète celle de Paris et de ses transformations. De lieu indésirable lors de sa création, à site touristique majeur de la capitale, remontez le cours du temps de cet endroit magique.

Les nouveaux cimetières de Paris

En 1765, à la suite d’un incident survenu près des Halles au cimetière des Innocents, il est voté l’interdiction d’utiliser ou construire des sites funèbres à l’intérieur de la ville. Cette loi, qui entra en application en 1780, eut pour conséquence le manque de places pour les nouvelles sépultures.

C’est par décret impérial que le consul d’alors, Napoléon Bonaparte, demande la construction de nouveaux cimetières à l’extérieur de Paris. Situés aux points cardinaux, ils seront quatre : le cimetière du Montparnasse au sud, le cimetière de Passy à l’ouest, le cimetière de Montmartre au nord et le cimetière de l’est sur le Mont-Louis.

La conception de ce dernier est confiée à Alexandre Brongniart, architecte néo-classique à qui on doit aussi le palais de la Bourse de Paris, qui porte son nom. Le préfet de Paris lui confie alors un terrain de 17 hectares, qui avaient appartenus à des jésuites dont un était particulièrement connu….

L’origine du nom

François d’Aix de la Chaize. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant c’est à lui que le cimetière doit son nom. Celui qui fut le confesseur du roi Louis XIV de 1675 à 1709, était un prêtre jésuite français. Si les jésuites résidaient à l’église Saint-Paul dans le Marais, ils possédaient également une maison de campagne sur le Mont-Louis.

Le Père Lachaise tel qu’il se faisait nommer, profita de sa proximité avec le roi pour agrandir au fil des années les terres autour de cette maison où il venait se reposer, et où son frère venait donner des fêtes. Le terrain fut finalement suffisamment grand pour, qu’un siècle après la mort du prêtre, il puisse accueillir le premier cimetière civil de Paris.

De boudé à envié

Le cimetière du Père Lachaise accueillit son premier occupant le 4 juin 1804, 13 jours après son inauguration. À la fin de la même année, il ne comptait que 13 tombes… C’est peu, surtout pour celui qui était censé accueillir les dépouilles d’un quart du Paris de l’époque.

Au bout de 3 ans, le cimetière ne comptait toujours que 62 tombes. 5 ans plus tard, elles étaient 833, et enfin en 1815 elles ne dépassaient pas les 2 000. En effet, les parisiens refusaient de s’y faire enterrer car en plus d’être situé en-dehors de Paris, le Père Lachaise se situait sur les hauteurs d’un quartier populaire et pauvre…

« Que nenni ! » dut s’écrier le préfet de Paris. Ce dernier décide alors de transférer les dépouilles de grandes personnalités de l’époque, présentes dans le (disparu) Musée des Monuments français, dont Molière et la Fontaine, au cimetière du Père Lachaise. L’image de ce lieu change alors et le nombre de sépultures augmente vite. En conséquence, un premier agrandissement est nécessaire en 1824, suivi de quatre autres en 1829, 1832 et 1842 et enfin 1850 pour atteindre les 43 hectares que l’on visite encore aujourd’hui.

Fort de sa renommée, le cimetière du Père Lachaise est plein depuis 1950. Pour y être enterré, il faut soit acquérir une concession funéraire, soit être inhumé dans un caveau de famille existant. La première option est très difficile, puisqu’il n’y a pas de réservation ou de liste d’attente pour avoir une place. De plus pour y être inhumé, il faut être domicilié à Paris au moment du décès… Pour la seconde option, sachez que 97% des concessions sont dites « perpétuelles », c’est-à-dire que la famille peut continuer de l’utiliser tant qu’elle continue de l’utiliser et de l’entretenir.

Seules une dizaine de concessions sont libérées par an. Bravo Monsieur le Préfet !

Cimetière du Père Lachaise allée petite bordée avec des tombes au soleil femme au loin
Cimetière du Père Lachaise à l'est de Paris, est l'un des plus beaux et insolites au monde

Les célébrités enterrées au cimetière du Père Lachaise

Le cimetière du Père Lachaise compte parmi tous ses occupants, près de 240 personnalités françaises mais aussi étrangères. Certaines de ses tombes sont de véritables chefs d’œuvres grâce à des statues et des sculptures, en pierre et ou en bronze, qui évoquent le passé des personnes inhumées.

Les plus belles ornementations

La tombe d’Honoré de Balzac est ainsi surmontée par le buste de l’écrivain, qui aimait s’y promener comme pour mieux trouver l’inspiration, et où plusieurs de ses personnages furent également enterrés. Autre tombe très populaire, celle d’Oscar Wilde marquée par un sphinx ailé. Tellement adulée qu’elle est aujourd’hui protégée par des vitres pour empêcher les admiratrices de venir… l’embrasser.

La tombe de Paul Baudry, un des plus célèbres représentants de l’art académique sous le Second Empire, est une de mes tombes préférées. Inscrite aux monuments historiques, on y voit le buste du peintre entouré de deux statues allégoriques représentant le Douleur et la Gloire.

Une autre tombe rend hommage à un célèbre peintre : Géricault, l’auteur du Radeau de la Méduse. Sur le haut de la stèle, l’artiste est allongé, un pinceau dans la main et sa palette de peintures dans l’autre. En dessous de lui, une gravure de son plus beau tableau.

Cimetière du Père Lachaise statue ornementation peintre Paul Baudry

Allégorie de la Douleur sur la tombe de Paul Baudry

Cimetière du Père Lachaise ensemble de trois tombes particulières avec statues et ornementations

Ensemble de trois sépultures avec de superbes ornementations

Les tombes les plus sobres

Si celle du chanteur des Doors est aussi simple, c’est à cause des nombreux tags et des déchets laissés par les nombreux fans qui venaient s’y recueillir. Ainsi après avoir été nettoyée, protégée et mise sous vidéo surveillance, la tombe s’est vu retirer le buste qui l’accompagnait afin d’être protégée. Résultat, elle semble enclavée au milieu d’autres sépultures et habillée d’une simple photo et de quelques fleurs déposées par les fans.

Sur celle de Guillaume Apollinaire, mort deux jours avant l’armistice de la Grande Guerre, se trouve un monument en forme de menhir, et sur sa tombe sont gravés deux épitaphes en hommage à la carrière immense de cet écrivain.

Les tombes d’Edith Piaf et de Colette, enterrées en famille, sont quant à elles très simples mais toujours magnifiquement fleuries.

Les tombes les plus folkloriques

Celle de Victor Noir, journaliste tué par un coup de feu à l’âge de 21 ans par un neveu de Napoléon Bonaparte, est célèbre pour la statue en bronze qui orne la sépulture. On y voit le journaliste gisant, dans la position qu’il devait avoir juste après avoir reçu le coup fatidique avec… une érection. Devenu symbole de la fertilité, cette partie de la statue est oxydée à cause des nombreuses personnes qui viennent le caresser.

Autre tombe spectaculaire et exceptionnelle, celle de l’inventeur du spiritisme : Alain Kardec. Son buste attire de nombreux admirateurs de sa méthode, et est toujours entouré de fleurs. Peut-être communique-t-il avec tous ses voisins dans son imposant mausolée situé juste derrière.

Enfin, je citerai parmi toutes les impressionnantes sépultures et tombeaux, celle de Charles-François Lebrun, qui fut troisième consul et prince-architrésorier du Premier Empire. Son cercueil regorge de gravures sur les côtés et repose en hauteur, protégé des intempéries par un temple de 8 colonnes.

Tombe d’Alain Kardec

Les légendes autour des tombes de Molière et de La Fontaine

Lorsqu’il meurt sur scène en 1673, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, demande à recevoir les derniers sacrements. Il fait cette demande afin de recevoir une sépulture religieuse, les comédiens à l’époque étant considérés comme des pêcheurs. Problème, deux des trois prêtres appelés refusent, et le troisième arrive trop tard.

Proche de la cour, celui qui portait le titre officiel de « Tapissier » est un cas qui embarrasse le clergé. Finalement, un compromis est trouvé : Molière est enterré de nuit, sans cérémonie, sans inscription sur la pierre tombale. De ce fait, lorsqu’il est décidé de le déplacer plus de 130 ans plus tard au cimetière du Père Lachaise, des doutes sont émis quant à la véracité du corps rapatrié.

Le poète La Fontaine qui décéda 22 ans après Molière, reçu bel et bien les hommages funéraires et fut, selon un abbé de l’époque, enterré près du fondateur de la Comédie Française… qui pouvait être n’importe où… Or durant la Révolution, on vise à honorer les grands hommes de la nation, dont le célèbre comédien. Comme il est dit être à côté de La Fontaine, les présumées dépouilles sont alors transférées et finalement replacées au cimetière du Père Lachaise.

En conclusion, les tombes des deux premiers célèbres occupants n’accueillent peut-être qu’en parti leurs ossements, mais la légende a fait la renommée de leurs tombes.

Les monuments du Père Lachaise

Les bâtiments religieux

En plein milieu du cimetière, trône la Chapelle de l’Est. Elle se situe à l’emplacement originel de la maison du confesseur de Louis XIV. L’architecte Brongniart souhaitait y construire une immense pyramide, mais le projet fut rejeté.

Nombreuses sont les personnes qui après avoir franchi l’entrée principale des lieux, et effectué leur première ascension viennent se reposer sur les bancs, juste en face de cette chapelle. La vue sur l’ouest de Paris, avec le coucher du soleil qui inonde de sa lumière le cimetière vaut le détour.

Plus loin derrière, se trouve le gigantesque crématorium du cimetière de Père Lachaise de style néo-gothique, et entouré par les quatre ailes du columbarium. Dans ce lieu qui signifie en latin « niche de pigeon », sont déposées des urnes cinéraires contenant les cendres des morts. Les deux étages en surface sont accompagnés de deux étages en sous-sol. Vous pouvez notamment y voir le cénotaphe (monument funéraire qui ne contient pas de corps) de la chanteuse Maria Callas.

Cimetière du Père Lachaise crématorium

Crématorium du Cimetière du Père Lachaise

Cimetière du Père Lachaise colombarium

Une des ailes du Columbarium

Les monuments aux morts

Ils sont nombreux et répartis dans tout le cimetière du Père Lachaise. Le plus grand d’entre eux se trouve sur le mur extérieur, près de l’entrée principale. Il porte les noms des parisiens morts pour la France durant la Première Guerre Mondiale.

L’autre mur, resté tristement célèbre dans l’histoire de ces lieux, est celui dit des Fédérés. En mai 1871, en plein mouvement de la Commune de Paris, le cimetière en raison de sa situation en hauteur est un lieu stratégique. Les fédérés y installent leur artillerie, mais sont rapidement déchus. Les survivants sont alors fusillés devant le mur des Fédérés au sud du cimetière.

Les autres monuments prennent des formes diverses, selon leur symbolique. La liste non-exhaustive comporte des hommages rendus aux combattants étrangers morts pour la France durant 14-18, à l’armée polonaise pendant 39-45, mais aussi à la mémoire des déportés victimes des camps de concentration et d’extermination.

Cimetière du Père Lachaise grande plaque commémorative pour les anciens combattants première guerre mondiale

Monument au Mort pour les victimes de la Grande Guerre

Cimetière du Père Lachaise rond point des travailleurs municipaux

Monument aux morts en hommage aux travailleurs municipaux

La visite guidée du cimetière du Père Lachaise

Je vous l’ai dit le cimetière est très grand, et s’y perdre est plus facile que de s’y rendre. Alors pour vous faire voyager dans le temps, et partir à la rencontre de toutes ces personnalités qui ont marqué l’histoire de la France et du monde, venez le visiter avec un guide pour vivre une expérience unique, par groupe de 2 à 6 personnes.

Comment s’y rendre ? Les infos pratiques

Le cimetière comporte cinq points d’entrées. L’entrée principale se trouve au croisement du boulevard de Ménilmontant et de la rue de la Roquette (20 min à pieds depuis Bastille). Elle se situe entre les deux stations de métro Philippe Auguste et Père Lachaise de la ligne 2 du métro. Elle est également desservie par les lignes de bus 61, 69 et 71.

Une autre porte, celle du Repos, se trouve à quelques mètres seulement dans la rue éponyme. Elle est celle qui vous rapproche le plus de la tombe de Jim Morrison.

Plus au nord, à quelques mètres de l’arrêt de métro Père Lachaise sur la ligne 2 toujours, vous pouvez pénétrer dans le cimetière par la Porte des Amandiers.

Côté sud, près du Mur des Fédérés se trouve l’entrée la plus discrète pour pénétrer les lieux. C’est la Porte de la Réunion, dans la rue du même nom, qui longe le jardin Pierre-Emmanuel. Cette entrée est aussi insolite que charmante.

Enfin la Porte Gambetta à l’est du cimetière est à quelques dizaines de mètres du métro ligne 3 (arrêt Gambetta). C’est la seconde entrée principale. Elle permet d’accéder au crématorium rapidement, tout en passant devant certains monuments aux morts les plus célèbres.

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