Paris ! Paris outragée ! Paris brisée ! Paris martyrisée ! Mais Paris libérée !

Visiter le Musée de la Libération de Paris

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La Libération de Paris

Le 25 août 1944, Paris est libérée de l’occupation à la suite d’un dernier ordre de marche mené par le Général Leclerc et la 2ème Division Blindée. 75 ans après, le nouveau musée qui est consacré à cette journée est à découvrir. Nous l’avons visité et voici pourquoi il faut aller le visiter.

Le musée de la Libération de Paris

Situé place Denfert Rochereau, dans le 14ème arrondissement de Paris, au bout de l’avenue du Général Leclerc, se trouve le musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin de son nom complet. Il présente formidablement, et cela de manière chronologique, les parcours croisés de Philippe de Hauteclocque (dit Leclerc), et de Jean Moulin. Au fil des salles se dessine un parcours formidablement bien construit et documenté, vous serez plongé au cœur des situations auxquelles ces deux hommes se sont trouvés confrontés. On nous y explique les raisons, et les conséquences des choix qu’ils durent faire pendant la Seconde Guerre mondiale.

La visite du musée de la Libération de Paris est divisée en cinq parties que nous vous dévoilons.

Entrée du musée de la libération de Paris

Mise en contexte

Le musée ne se précipite pas pour vous présenter la libération de Paris. Il commence au contraire par montrer la fin de la première mondiale, en 1918. On nous décrit alors Paris à l’issue de la grande guerre, et les décisions politiques prises pour les vaincus. Suite à la grande dépression venue des États-Unis en 1929, le monde est en crise et l’Allemagne est particulièrement touchée. Elle connaît alors la montée progressive du National-socialisme portée au pouvoir par Hitler, sans qu’aucune opposition ne soit manifestée par les pays voisins. A travers les accords de Munich notamment, Français et Anglais « livrent » la Tchécoslovaquie au dictateur allemand. Ce dernier tirera de ce succès la conviction, que tout lui est permis. Ces réactions s’expliquent qu’à cette époque, il fallait avant tout combattre la montée du communisme.

« Je souhaite la victoire de l’Allemagne parce que sans elle, demain, le bolchevisme s’installerait partout »

Pierre Laval, 22 juin 1942.

Voilà le contexte qu’il faut avoir à l’esprit pour comprendre les débuts de la seconde guerre mondiale, et que le musée met bien en avant.

Puis, nous faisons la connaissance de Jean Moulin et Philippe de Hauteclocque, présentés comme deux hommes au service de la France, de 1918 à 1940. Le premier est préfet, et le second suit une brillante formation militaire. Tout cela est raconté à travers l’exposition d’objets personnels, et de photographies de l’époque. Lorsque la guerre est déclarée, les deux hommes poussés par leur sentiment patriotique cherchent à passer à l’action, à ne pas se laisser faire. Mais les allemands progressent plus vite que prévu et la France est envahie en seulement 8 mois. Moulin reste préfet à Chartres tandis que le capitaine d’alors rejoint une division d’infanterie. La France qui subit alors un épisode d’exode est présentée, au-travers des témoignages de Jean Moulin, et de vidéos filmées à l’époque.

Puis vient la salle consacrée aux quatre jours, qui marquèrent un tournant dans cette guerre : celles du 14 au 18 juin. D’un côté le maréchal Pétain, héros de la première guerre Mondiale appelle à cesser le combat. De l’autre, le général de Gaulle qui a rejoint Londres lance son fameux appel du 18 juin 1940 depuis la radio de la BBC. Hautecloque rejoint alors lui aussi le Royaume-Uni, car en désaccord avec Pétain et change de nom, il prend celui de Leclerc. Jean Moulin est torturé par l’Occupant pour extorquer sa signature. Las, pour éviter le déshonneur il tente de se suicider en se tranchant la gorge.

L’exposition enchaîne sur la vie dans le Paris occupé. Des photos saisissantes de monuments portant les drapeaux ornant la croix gammée sont visibles, ainsi que l’existence du marché noir en plein essor à cette période, puisque les tickets de rationnements se font rares. De multiples témoignages du Paris désormais allemand sont exposées, telle qu’une photo du dictateur allemand devant la Tour Eiffel…

La résistance à Paris

Malgré l’occupation, des femmes et des hommes décident de passer à l’action. Ils refusent de se laisser faire par l’envahisseur. Qui sont-ils ? Aucun portrait type n’est possible tant toutes et tous viennent d’horizons, de cultures, et de milieux différents. Ensemble, ils créent les premiers groupes de résistance, impriment des textes d’opposition, sabotent du matériel, passent aux armes, collectent des renseignements, cachent des personnes recherchées… Mais leur engagement est durement réprimé, souvent dans le sang, et ceux qui se font prendre sont internés, déportés ou exécutés.

Rol Tanguy et les résistants des souterrains

Par la suite, nous découvrons Henri Tanguy qui devint en juin 1944, chef des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) de la région parisienne, sous le nom de Rol. Apposé, voici un plan des souterrains du 14ème arrondissement où vous vous trouvez, établi spécialement pour lui. Ce plan permettait alors à la Résistance de circuler discrètement, et cela à l’insu des allemands.

Les films d’Albert Mahuzier

Parmi les personnes qui sont présentées, j’ai tenu à vous parler d’Albert Mahuzier, réalisateur de films documentaires dans les années 1930. Vidéos explicatives à l’appui, on découvre avec étonnement le système aussi simple qu’ingénieux, qu’il réussit à concevoir pour filmer en cachette la ville de Paris occupée. Ses films ont notamment été pour les Alliés, une source précieuse de renseignements. Il ira même jusqu’à filmer, tel un film burlesque, des aviateurs alliés au milieu d’allemands sur l’esplanade du Trocadéro. À la libération de Paris, il filme également l’insurrection depuis l’Hôtel de Ville.

Jean Moulin

Une salle lui est entièrement consacrée pour comprendre plus explicitement le rôle de Jean Moulin, auprès des résistants. À la suite de sa tentative de suicide, dont il garde la cicatrice, nous le retrouvons lors de son transfert au Royaume-Uni en passant par le Portugal pour fuir la France et retrouver le Général de Gaulle. Puis lors de son retour en France après un saut en parachute en janvier 1942. Des traces de ses exploits sont exposées tels ses faux papiers d’identité ainsi que la combinaison de son saut.

En réalité, c’est le général de Gaulle qui lui a confié le leadership de la mission Rex consistant à structurer la Résistance. Alors qu’en façade Jean Moulin était galeriste à Nice, de nombreux témoignages explicitent son travail pour coordonner et unifier la Résistance. Il est finalement arrêté au nord de Lyon le 21 juin 1943 par la Gestapo. Il décédera des suites de ses tortures dans la nuit du 8 juillet lors de son transfert en Allemagne. Entre temps, il est parvenu à réunir, en plein Paris occupé, le premier Conseil de la Résistance. Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon.

Philippe Leclerc de Hauteclocque de juin 1940 à aout 1944

Nouvelle salle, nouvelle ambiance. Les murs ne sont plus rouge sang comme dans les salles dédiées à la résistance, mais cette fois jaune tel le Soleil. C’est justement là que nous retrouvons Philippe de Hauteclocque dit Leclerc.

Le capitaine est également missionné par le général de Gaulle, pour rallier l’Afrique équatoriale française à la France libre. Il se forme alors la colonne Leclerc dont l’engagement des soldats était aussi grand que leurs équipements dérisoires. Entre 1941 et 1943, ils mènent des raids en Lybie (face aux italiens), et en Tunisie. Puis est décrit la création de la deuxième division blindée en août 1943, celle qui mènera les combats décisifs pour libérer Paris.

Le débarquement normand avant la libération de Paris

À partir de là, tout s’accélère. Un étroit couloir nous conte l’épopée du débarquement en Normandie, suivi deux mois plus tard par l’arrivée de la 2ème Division Blindée.

Vous vous retrouvez alors dans une salle, que je n’avais vue aussi dynamique dans un musée. Tout tient à l’organisation de la salle, qui reprend l’insurrection parisienne qui a mené à la libération de Paris. Elle commence le 18 août lorsque les FFI décident de passer à l’action, et dure jusqu’au 25 août, soit 8 jours. Chaque jour est présenté sur des petits murs disposés en quinconces ce qui apporte un sentiment de vitesse, de mouvement et bien que l’on connaisse l’issue, de suspense. Jour après jour, vous suivez les avancées des troupes, leurs combats, leur fatigue, les moments décisifs et enfin la joie suivie des derniers bombardements ennemis. Le 26 août 1944, le dernier pan de mur montre Leclerc aux côtés du général de Gaulle, descendant les Champs Élysées sous les acclamations d’une foule immense.

Enfin, voici l’Atrium. Cette salle tient en son centre un dispositif audiovisuel, présentant le Paris libéré des 25 et 26 août 1944. Il est le parfait opposé de la salle présentant l’exode, vue par Jean Moulin au début de la visite. Le parallèle est saisissant, touchant et des films d’époques permettent de se plonger au cœur de la joie des parisiennes et des parisiens. On y aperçoit également le sort dévolu aux françaises qui partageaient leur vie avec des soldats allemands. Triste vision de ce qui s’apparente plus à une vendetta populaire qu’à une véritable justice.

Et alors que l’on pense que la visite est sur le point de se terminer, le musée de la Libération de Paris réserve encore une surprise de taille : la visite de l’abri de défense passive transformé en Poste de Contrôle militaire.

Visiter le musée de la Libération de Paris 100 marches sous terre

Tunnel pour descendre dans le poste de controle du musée de la libération de Paris

Rappel : Pour visiter, gratuitement, cette partie du musée, il vous est nécessaire de prendre un billet horodaté à l’entrée, dans la limite de 18 places par créneau horaire.

Pour celles et ceux qui se sentent prêt à descendre visiter le moment phare de l’exposition, sachez qu’il n’y a pas d’ascenseur et que les escaliers sont étroits. Cependant, quel plaisir de découvrir cet ancien abri de défense, conçu à l’origine pour abriter la population en cas de bombardement, et permettre à l’administration de continuer son service.

Mais l’histoire de ce lieu est, vous l’aurez compris, étroitement lié à la libération de Paris. En effet, c’est le gouverneur militaire clandestin de Paris, le général Darius Paul Bloch, dit Dassault, qui indique au colonel Rol (Henri Tanguy) cet abri de défense passive. Avec sa femme qui assurait son secrétariat, ce dernier rejoint par les sous-sols (rappelez-vous la cartes des catacombes) ce fameux poste de défense. C’est ici même que s’est tenu, le poste de commandement de l’état-major régional des Forces Françaises Indépendantes, du 20 au 28 août 1944.

Parmi les pièces les plus incroyables de la visite, on retrouve celle dévouée à la ventilation et son ingénieux système de filtration de l’air. En cas de panne, des vélos permettaient de faire fonctionner la machine.

La fin de la visite du musée de la Libération de Paris

Une fois revenu à la surface, il serait dommage de quitter le musée sans passer par la courte galerie expliquant l’après-guerre et les différents rôles dévoués à Leclerc.

Paris libérée, le gouvernement provisoire prépare le retour des institutions mais aussi l’épuration politique et administrative des participants au régime de Vichy. Le maréchal Pétain est notamment condamné à mort pour haute trahison, avant d’être gracié et exilé sur l’île d’Yeu.

Au printemps 1945, c’est plus d’un million de prisonniers de guerre qui rentrent en France. En parallèle, les camps de concentration sont découverts avant d’être fermés, et dont les déportés survivants reviennent peu nombreux. Ces derniers sont accueillis à l’hôtel le Lutetia (qui se trouve encore aujourd’hui au croisement boulevard Raspail et rue de Sèvres) qui abritait le service de renseignement, et de contre-espionnage de l’armée allemande.

Mais, la guerre n’est malheureusement pas terminée avec la libération de Paris. La 2ème Division Blindée du général Leclerc reprend les combats à l’est, et libère Strasbourg le 23 novembre et poursuit jusqu’à la ville de Berchtesgaden, résidence d’Hitler, en mai 1945.

Le 2 septembre 1945, Leclerc représente la France lors de la reddition du Japon. Il est ensuite nommé chef du corps expéditionnaire en Extrême-Orient, où il rétablit la souveraineté en Indochine tout en prônant l’autonomie. Transféré en Afrique du nord, il est victime d’un accident d’avion près de Colomb Béchar (Algérie) le 28 novembre 1947.

Le 23 août 1952, il est fait Maréchal de France à titre posthume, soit la plus haute distinction militaire.

Le musée de la libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin

Site internet du muséecliquer ici
Adresse4 Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris
AccésMétro 4, 6 Denfert-Rochereau
Horaires d'ouverturesDe 10 à 18h du mardi au dimanche
Tarifs d'entréeCollection permanente et accès au PC gratuits
François-Baptiste

François-Baptiste

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